Le monde du football, toujours prompt à nous offrir des scénarios improbables, vient encore de nous servir un épisode digne d’une série politique. Vendredi 5 décembre, Gianni Infantino — maître des cérémonies FIFA et grand amateur de coups d’éclat — a décidé de remettre à Donald Trump un prix au nom un peu trop grand pour tenir sur une simple plaque : le « Prix de la Paix – Le football unit le monde ». Rien que ça.
Un trophée censé célébrer l’unité, l’harmonie et le pouvoir rassembleur du ballon rond… remis à un dirigeant dont la diplomatie s’apparente parfois à un coup franc tiré depuis le parking. Pendant qu’Infantino souriait fièrement pour la photo, beaucoup se demandaient si l’événement n’était pas un sketch du Saturday Night Live ou si la FIFA n’avait pas confondu « paix » et « puissance ».
Car derrière le costume et les discours, le palmarès politique de l’ancien président américain ne respire pas exactement la douceur. Entre ses propos ouvertement discriminatoires, ses politiques ciblant les minorités et un pays champion toutes catégories en exportation d’armes dans des zones de conflit… disons que l’ambiance « unité mondiale » ressemble davantage à un contre-pied raté qu’à une ode au fair-play.
Une décision qui tombe au pire moment
Comme si ce moment déjà très “WTF” ne suffisait pas, une dépêche AFP relayée ce mercredi a ajouté une couche supplémentaire de confusion. L’administration Trump, dans un élan de contrôle maximal, compte désormais demander aux touristes exemptés de visa — y compris les Français qui espèrent assister au Mondial — l’historique complet de leurs réseaux sociaux avant d’entrer sur le territoire.
Oui, tu as bien lu : avant de voir un match, il faudra ouvrir son compte Instagram comme on ouvre son sac à la sécurité. On n’est plus dans la passion du football, on frôle l’audit numérique.
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Le Mondial version luxe : supporters priés d’hypothéquer leur maison
Mais la vraie claque, elle se trouve du côté des supporters. D’habitude, suivre son équipe au Mondial coûte cher… mais là, on dépasse les limites du raisonnable. Les billets réservés aux associations de supporters commencent à fuiter, et ce n’est pas joli-joli.
Comme la FIFA semble préférer la discrétion — silence radio dans les bureaux nichés dans la Trump Tower — c’est le réseau Football Supporters Europe qui a pris les devants pour tirer la sonnette d’alarme.
D’après les informations recoupées par l’organisation, un fan souhaitant accompagner son équipe du premier match jusqu’à la finale, via le système PMA (les allocations pour les fédérations membres participantes), devra débourser… au moins 6 900 dollars.
Tu veux une comparaison ? C’est presque cinq fois plus que lors du Mondial au Qatar — qui, déjà, avait établi un nouveau record dans la catégorie “portefeuille qui souffre”.
En clair : pour être présent du début à la fin, il faut vendre un rein, demander un crédit, ou espérer que ta grand-mère retrouve un trésor caché dans son grenier.
@FIFAcom's #WorldCup ticket prices are a betrayal to the most dedicated fans. At least $6900 to support your team from the first match to the final - nearly 5 times more than in Qatar.
— Football Supporters Europe (@FansEurope) December 11, 2025
FSE calls for the immediate halt to ticket sales.
🔗 Statement: https://t.co/AgEdqsfrox pic.twitter.com/2Yq5z5GIDZ
La nostalgie des années 2010, qui l’eût cru ?
Et face à ce dérapage contrôlé, certains supporters — sûrement épuisés par les feuilletons FIFA — en viennent à sortir une phrase que personne ne pensait entendre un jour :
« Rendez-nous Sepp Blatter et tous les corrompus tombés en 2015 ! »
On en est là. Une époque où les scandales étaient presque “classiques”, où l’on savait à quoi s’attendre, sans trophée de la paix remis à un homme qui collectionne plus de polémiques que de trophées sportifs.
Le football mondial voulait progresser… et il se retrouve à jongler entre décisions politiques lunaires, prix hors de portée et communication lunaire. Une certitude : le beautiful game n’a jamais aussi bien mérité son surnom… mais pas forcément pour les bonnes raisons.
