Jesus Vallejo : quand un pari fou change tout

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Jesus Vallejo
Jesus Vallejo


Quand le destin écrit une autre histoire


Il y a des carrières que l’on imagine toutes tracées. Et puis il y a celles qui prennent des virages imprévus. Celle de Jesus Vallejo appartient clairement à la seconde catégorie. Annoncé comme l’un des futurs piliers de la défense espagnole à son arrivée au Real Madrid en 2015, l’ancien prodige n’a jamais réellement trouvé sa place dans la capitale. Comparé trop tôt à des monuments comme Carles Puyol, il a surtout appris la patience… et l’anonymat.


Pendant plusieurs saisons, Vallejo a vécu dans l’ombre du Bernabéu. Quelques apparitions ici et là, des prêts plus ou moins convaincants, notamment à Grenade, et une présence quasi symbolique dans l’effectif madrilène. Le chiffre résume tout : 35 matchs disputés avec l’équipe première en cinq saisons. Trop peu pour un joueur promis à un tout autre destin.


Un statut devenu incompréhensible pour les supporters


Avec le temps, sa situation est même devenue un sujet de moquerie. Une partie des fans du Real ne comprenait plus pourquoi il restait, année après année, sans jouer. Certains allaient jusqu’à parler de confort excessif, voire d’un joueur installé dans une routine dorée, loin de la pression du terrain.


Le message envoyé par les entraîneurs était pourtant limpide. Même lorsque la défense se retrouvait décimée, Vallejo n’était pas le premier choix. On préférait repositionner Aurélien Tchouaméni en défense centrale ou lancer de jeunes profils comme Raúl Asencio. Un signal fort. Un désaveu silencieux, mais clair.


Malgré tout, à Madrid, son professionnalisme a toujours été salué. Jamais un mot plus haut que l’autre, jamais de vague. Mais à 28 ans, l’envie de redevenir simplement footballeur a fini par l’emporter.


Le choix qui a surpris tout le monde


Libre de tout contrat l’été dernier, Vallejo avait pourtant des propositions en Liga. Des clubs plus exposés, plus médiatiques, plus confortables aussi. Mais il a fait un choix radical : Albacete, formation modeste de deuxième division espagnole, loin des projecteurs et du glamour.


Un pari assumé. Presque un retour aux sources. « Je veux profiter du football sans regarder en arrière », expliquait-il à son arrivée, dans cette région de Castille-La Manche rendue célèbre par Don Quichotte, à quelques heures de route de Madrid.


Une renaissance inattendue en Segunda División


Et pour l’instant, le scénario est parfaitement écrit. Vallejo a retrouvé du rythme, des sensations… et surtout un rôle central. Malgré quelques pépins physiques en début de saison, il a déjà disputé 12 rencontres de championnat et s’est imposé comme un véritable patron de la défense.


Mieux encore : la semaine dernière, il a vécu une soirée dont il se souviendra longtemps. En Coupe du Roi, face au Celta Vigo, pensionnaire de Liga, le défenseur a inscrit un but décisif de la tête, permettant à Albacete d’égaliser avant de décrocher la qualification pour les huitièmes de finale. Un moment symbolique. Une récompense aussi.


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Un impact bien au-delà des statistiques


Sur le plan collectif, Albacete navigue encore en eaux troubles. Le club occupe la 14e place sur 22, avec une marge mince sur la zone de relégation. Mais l’expérience de Vallejo pourrait peser lourd dans la course au maintien. Sur et en dehors du terrain, son influence est déjà palpable.


Le joueur ne cache d’ailleurs pas son bien-être :


« Je suis très heureux ici. Les gens me respectent, je me sens à l’aise au quotidien. Pour être performant, il faut d’abord être bien personnellement. Le contraste avec le Real Madrid ? Je n’ai jamais été attiré par le luxe ou le glamour. Ces six mois sont passés à une vitesse folle. »


Un clin d’œil du destin à venir ?


Ironie de l’histoire, le tirage au sort pourrait offrir à Vallejo des retrouvailles face à son ancien club en huitièmes de finale de la Coupe. Une affiche chargée de symboles, même si l’homme n’a plus rien à prouver.


Il n’aura peut-être jamais marché dans les pas de Sergio Ramos, Gerard Piqué ou Carles Puyol. Mais à Albacete, Jesus Vallejo a retrouvé ce qui lui manquait le plus : le plaisir du jeu. Et au fond de son armoire, deux Ligues des champions rappellent qu’il a tout de même fait partie de l’histoire… même depuis le banc.

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