Pedri, le joyau qui ne devait jamais bouger
Au FC Barcelone, certains joueurs ressemblent à des meubles anciens : on ne les déplace pas, on les contemple. Pedri fait partie de cette catégorie. À 23 ans, le milieu canarien est déjà installé dans le salon du Camp Nou comme une œuvre d’art protégée par alarme, caméra et regard amoureux des socios. Champion d’Europe avec l’Espagne, double champion de Liga avec le Barça, patron du jeu avant même d’avoir l’âge de louer une voiture sans supplément, Pedri n’est plus un simple talent. Il est devenu une référence.
À Barcelone, on aime raconter qu’il est un pur produit de la Masia, moulé à la catalane, bercé au tiki-taka dès la naissance. La réalité est un peu différente. En 2019, le Barça est allé le chercher à Las Palmas contre un chèque d’environ 23 millions d’euros. À l’époque, ça faisait déjà tousser quelques comptables. Aujourd’hui, ce montant ressemble au prix d’un café allongé sur les Ramblas. Le club a misé, le club a gagné, et Pedri est devenu l’un des investissements les plus rentables de la décennie.
Un cadre avant l’âge au FC Barcelone
Même quand il n’est pas sur la pelouse, Pedri reste dans toutes les têtes. Touché à l’ischio, absent lors du déplacement à Elche, le milieu espagnol continue pourtant d’incarner le tempo du Barça. Depuis son arrivée, il a déjà empilé plus de 220 matchs officiels sous le maillot blaugrana. Un chiffre presque indécent pour un joueur qui pourrait encore être considéré comme “jeune espoir” ailleurs.
Sur le terrain, Pedri ne crie pas, ne gesticule pas, ne joue pas au chef de gang. Il glisse. Il respire le jeu. Il fait croire que contrôler un ballon sous pression est aussi simple que poser un sac de courses dans une cuisine catalane. À Barcelone, certains le voient déjà marcher dans les pas de Xavi et Iniesta, ces architectes discrets qui construisaient des cathédrales avec trois touches de balle.
Sous contrat jusqu’en 2030, Pedri semblait promis à une longue histoire d’amour avec le Barça. Le genre de relation où on ne regarde même pas ailleurs. Jusqu’au jour où quelqu’un d’Angleterre a commencé à faire clignoter la carte bancaire.
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Manchester City rêve d’un hold-up estival
Quand Pep Guardiola regarde Pedri, il ne voit pas seulement un milieu de terrain. Il voit un jouet tactique, un métronome, un cerveau compatible avec son football sous perfusion de passes courtes. Selon la presse espagnole, Manchester City préparerait une offensive totalement hors normes pour tenter de séduire le FC Barcelone dès le prochain mercato estival.
On parle d’un montant proche des 200 millions d’euros. Oui, deux cents. Le genre de chiffre qui fait trembler même les murs du Camp Nou. Officiellement, Pedri est estimé autour de 140 millions par les sites spécialisés, mais City ne joue pas à la PlayStation. City joue à la réalité augmentée, version pétrole et trophées.
Pour Guardiola, ce serait un retour aux sources. Recruter le cerveau du Barça pour l’installer au cœur de sa machine skyblue, c’est presque un fantasme personnel. Un peu comme s’il voulait ramener un morceau de Catalogne sous la pluie de Manchester.
Le Barça face au dilemme impossible
Sportivement, perdre Pedri serait une amputation. Financièrement, refuser une telle somme ressemble à un exercice de yoga extrême pour un club encore fragile économiquement. Le Barça vit toujours entre passion et calculatrice. D’un côté, Laporta sait que Pedri est l’âme du projet. De l’autre, 200 millions, c’est une rénovation complète du vestiaire, du banc et peut-être même de la machine à café.
Selon plusieurs sources, la première réaction du président catalan aurait été un rire poli mais ferme. Traduction : “Pedri n’est pas à vendre.” Ni cet hiver, ni l’été prochain, ni quand la Sagrada Familia sera terminée. Un message clair envoyé à Manchester City, comme pour rappeler que certains joueurs ne se marchandent pas comme des cartes Panini.
Mais dans le football moderne, les promesses sont solides jusqu’à ce qu’un virement devienne réel. Et quand les zéros s’alignent, même les discours les plus romantiques commencent à bégayer.
Pedri, futur symbole ou tentation anglaise ?
La vraie question n’est pas seulement financière. Elle est émotionnelle. Pedri peut devenir un monument du Barça, le joueur que les générations futures montreront du doigt en disant : “Lui, c’était notre maestro.” Ou bien il peut choisir l’exil doré, le pressing anglais, les soirées de Premier League et les passes laser sous Guardiola.
À 23 ans, tout est ouvert. Barcelone lui offre l’histoire, City lui propose la puissance. Le Camp Nou lui promet la légende, l’Etihad lui vend la domination.
Pour l’instant, Pedri reste blaugrana. Mais dans les coulisses, une proposition venue d’Angleterre pourrait bien transformer ce feuilleton tranquille en véritable saga estivale. Et quand Manchester City frappe à la porte, ce n’est jamais pour demander l’heure.
Le Barça le sait, l’Europe aussi : l’avenir de Pedri pourrait bientôt se jouer bien au-delà des simples lignes de contrat.
