Antony s’offre l’Atlético Madrid avec le Betis et imite la célébration de Cristiano Ronaldo

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Antony, ailier de Manchester United
Antony


Antony, de Manchester à Séville : la renaissance inattendue


Il y a des joueurs qu’on enterre trop vite. À Manchester, Antony était devenu un symbole d’incompréhension, un transfert trop cher pour trop peu d’étincelles. En Andalousie, le décor a changé. L’air est plus léger, les tribunes plus chaudes et surtout… le Brésilien semble avoir retrouvé son football. Dimanche soir, au Metropolitano, il a rappelé à tout le monde qu’un joueur ne disparaît jamais vraiment, il attend juste le bon terrain pour refleurir.


Face à l’Atlético Madrid, dans un stade rarement hospitalier, le Real Betis est venu jouer un match d’adultes. Pas de folklore, pas d’excès. De la rigueur, du sang-froid et une idée claire : profiter du moindre espace. Antony, lui, n’a eu besoin que d’une seule ouverture pour transformer une soirée tendue en souvenir viral.


Un éclair du gauche qui surprend Oblak


Le scénario est simple mais brutal. Antony récupère côté droit, rentre dans l’axe, observe à peine. À la limite de la surface, il arme ce pied gauche qui a tant fait parler à l’Ajax et parfois soupirer à Old Trafford. La frappe part sèche, tendue, presque insolente. Jan Oblak, pourtant habitué aux miracles, est pris à contretemps. Le ballon file au premier poteau. Silence dans les tribunes madrilènes, explosion côté verdiblanco.


Un but qui ne raconte pas seulement une action, mais un état d’esprit. Antony n’a pas cherché la passe rassurante. Il a choisi l’audace. Résultat : 1-0 pour le Betis, et un match verrouillé derrière avec un sérieux presque clinique.


Ce but devient son dixième de la saison. Un chiffre qui commence à ressembler à une réponse pour ceux qui l’avaient rangé trop vite dans la case des promesses non tenues.


La célébration qui rallume Cristiano Ronaldo


Mais ce n’est pas seulement la frappe qui a fait le tour des réseaux. Après avoir marqué, Antony ne court pas au hasard. Il s’arrête, regarde les tribunes et sort la fameuse célébration « calma » popularisée par Cristiano Ronaldo. Les bras ouverts, le message est clair : on se pose, on respire, on savoure.


Un clin d’œil assumé. À Manchester, Antony avait croisé Ronaldo lors de ses premiers mois en Premier League. À l’époque, le Brésilien parlait déjà de fascination. Il expliquait que discuter avec Cristiano, c’était comme suivre un master accéléré sur le mental et l’exigence du très haut niveau.


À Madrid, il ne l’imite pas pour provoquer, mais pour signifier quelque chose : lui aussi veut raconter une nouvelle histoire, loin du costume trop lourd qu’il portait en Angleterre.


 

Betis, Pellegrini et l’art de relancer un joueur


Manuel Pellegrini n’est pas un magicien, mais il a une spécialité : redonner une logique aux carrières cabossées. Après la claque reçue quelques jours plus tôt en Coupe contre l’Atlético, le technicien chilien voulait une équipe disciplinée, compacte, presque chirurgicale.


Après la rencontre, il insiste surtout sur l’équilibre. Défendre sans paniquer, attaquer sans se désorganiser. Antony, malgré quelques douleurs persistantes au pubis, a énormément travaillé sur son côté, aidant ses latéraux autant qu’il provoquait devant.


Pellegrini le sait : ce genre de joueur ne se juge pas seulement sur ses dribbles. Il se juge sur sa capacité à exister sans ballon. Et dimanche soir, Antony a été utile partout, pas seulement dans la surface adverse.


Quand Bartra compare Antony à Ronaldo et Neymar


À Séville, le discours autour du Brésilien a changé. Marc Bartra, cadre du vestiaire, parle même d’un mélange entre Cristiano Ronaldo et Neymar. Pas pour dire qu’Antony est déjà à ce niveau, mais pour souligner ce paradoxe : la rigueur d’un côté, la créativité de l’autre.


Antony dribble moins pour faire joli, plus pour faire mal. Il ne cherche plus la vidéo virale, mais la décision efficace. C’est souvent ce qui sépare un joueur spectaculaire d’un joueur décisif.


Et en Liga, ce détail compte double.


Le Betis vise l’Europe, Antony devient une pièce maîtresse


Avec ce succès à Madrid, le Real Betis consolide sa place dans la course européenne. Le club andalou ne rêve pas seulement d’Europa League, mais commence à regarder plus haut. Chaque point compte, chaque joueur en confiance devient un argument.


Antony pourrait bien être l’une des clés de cette fin de saison. Là où Manchester attendait un sauveur à 86 millions, Séville préfère un joueur libéré, sans costume trop grand, sans projecteurs écrasants.


La Liga, souvent plus technique, plus ouverte que la Premier League, semble lui offrir un terrain de jeu plus naturel. Moins de duels inutiles, plus d’espaces pour exprimer son pied gauche et sa vitesse mentale.


De flop annoncé à symbole de revanche


Le football adore les histoires de retours. Antony est en train d’écrire la sienne sans bruit, mais avec style. À Madrid, il n’a pas seulement marqué un but. Il a rappelé qu’un joueur n’est jamais une étiquette définitive.


Hier critiqué, aujourd’hui applaudi. Hier caricaturé, aujourd’hui respecté. Et quand un ancien indésirable sort une célébration façon Cristiano Ronaldo au Metropolitano, ce n’est pas du cinéma : c’est une déclaration d’intention.


À Séville, Antony ne cherche plus à justifier son prix. Il cherche simplement à jouer juste. Et pour le Betis, cette simplicité pourrait bien valoir très cher dans la course à l’Europe.

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