Huit ans ont passé. Les trophées ont changé de vitrines, les générations ont évolué, certains ont raccroché les crampons. Pourtant, une soirée d’été en Russie continue de faire grincer des dents outre-Quiévrain. Dans un entretien accordé à The Guardian, Eden Hazard est revenu sur cette demi-finale du Coupe du monde 2018 perdue face à la Équipe de France de football. Et visiblement, la cicatrice est encore bien visible.
Une élimination qui ne passe toujours pas
Retraité depuis 2023, l’ancien capitaine des Équipe de Belgique de football n’a rien oublié. Le score était sec, minimaliste, presque cruel : 1-0. Une tête, un corner, un moment suspendu… et tout un rêve envolé.
Hazard l’assume aujourd’hui avec une franchise désarmante :
« Aujourd’hui encore, on dit qu’on était une meilleure équipe que la France. »
Une phrase qui en dit long. Derrière elle, il y a de la fierté, mais aussi une pointe d’amertume. Car pour lui, la Belgique de cette génération dorée avait quelque chose de spécial.
« Ça me rend fier : pas parce qu’on a gagné, mais pour ce qu’on a construit ensemble. »
Plus qu’un simple résultat, c’est une sensation d’inachevé qui domine. La Belgique terminera troisième du tournoi. Historique, certes. Suffisant ? Pas vraiment.
Capitaine, frère, rêve éveillé
Dans cette interview, Hazard ne parle pas seulement de défaite. Il évoque aussi le bonheur. Celui d’avoir porté le brassard. Celui d’avoir partagé le terrain avec son frère. Celui d’avoir senti un pays vibrer.
« Être capitaine de mon pays, c’était inimaginable. C’est le bonheur absolu. »
La Coupe du monde 2018 reste donc un paradoxe. Une aventure exceptionnelle, mais marquée par un goût d’injustice sportive. Une campagne brillante stoppée net par une équipe française chirurgicale.
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Le style contre l’efficacité
À chaud, en 2018, le discours était encore plus tranchant. Hazard n’avait pas mâché ses mots sur le style proposé par les Bleus. Il assumait préférer une défaite fidèle à l’identité belge plutôt qu’un succès obtenu autrement.
Il estimait que la France avait surtout défendu, attendu, exploité les espaces. Une stratégie pragmatique, presque froide. Mais terriblement efficace.
Ce soir-là, c’est Samuel Umtiti qui a fait basculer la rencontre en reprenant de la tête un corner frappé par Antoine Griezmann. Un but, un seul, suffisant pour envoyer les Tricolores en finale.
La suite appartient à l’histoire : la France soulèvera le trophée mondial après un succès spectaculaire contre la Croatie.
Courtois, la colère sans filtre
Dans le camp belge, la frustration était collective. Le gardien Thibaut Courtois s’était montré particulièrement incisif après la rencontre. Il dénonçait un match fermé, dominé selon lui par l’organisation défensive française et les contres rapides, notamment grâce à la vitesse de Kylian Mbappé.
Pour lui, la Belgique avait perdu contre une équipe plus réaliste que supérieure. Des mots forts, révélateurs d’une immense frustration.
Une rivalité relancée en 2026
Le football a parfois le sens du timing. En 2026, la Belgique et la France se retrouveront dans le même groupe de Ligue des nations de l'UEFA. Un nouveau chapitre pour deux nations qui se connaissent par cœur.
Ce ne sera pas une revanche officielle de 2018. Mais dans les têtes, certains souvenirs referont surface. Les déclarations d’Hazard rappellent que cette demi-finale reste un tournant émotionnel majeur pour la génération belge.
Un héritage plus fort que le résultat
Avec le recul, Eden Hazard ne parle plus uniquement de défaite. Il parle d’héritage. D’une équipe qui a changé l’image du football belge. D’une génération capable de rivaliser avec les plus grandes nations.
Oui, la France a remporté la Coupe du monde. Oui, le tableau d’affichage ne ment pas. Mais dans l’esprit de certains Diables Rouges, le sentiment demeure que quelque chose leur appartenait cette année-là.
Et c’est peut-être cela, le vrai drame sportif : parfois, on peut se sentir plus fort… sans jamais soulever la coupe.
