Petr Čech, du gazon au glaçon

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Petr Čech
Petr Čech

Il y a des reconversions classiques. Consultant TV, entraîneur, directeur sportif. Et puis il y a celles qui laissent les supporters bouche bée. L’ancien gardien emblématique de Chelsea et d’Arsenal a choisi une trajectoire pour le moins inattendue : troquer les gants contre… des patins.


À 43 ans, Petr Čech ne se contente pas de commenter les arrêts qu’il réalisait autrefois en Premier League. Il plonge désormais face à des palets lancés à près de 150 km/h, sous le maillot des Haringey Huskies, formation londonienne évoluant en quatrième division anglaise de hockey sur glace.


Et le plus surprenant dans cette histoire ? Il ne s’agit pas d’un simple passe-temps. L’ancien dernier rempart de Chelsea FC semble vivre cette nouvelle aventure avec une passion intacte.


« Aussi passionnant que la Premier League »


Dans un entretien accordé au The Telegraph, le Tchèque n’a pas caché son enthousiasme.


« Je joue au hockey sur glace et je trouve cela aussi passionnant que la Premier League », affirme-t-il d’entrée. Une déclaration forte venant d’un homme qui a disputé les plus grandes affiches du championnat anglais et soulevé la Ligue des champions.


Son amour pour la glace ne date pas d’hier. Enfant à Plzeň, il idolâtrait un certain Dominik Hašek, légende du hockey et gardien mythique en NHL. Le destin aurait pu prendre un tout autre chemin.


« Ma famille n’avait pas les moyens de m’acheter un équipement de hockey, alors mon père m’a emmené au football », se remémore-t-il. Le football a donc été un choix pragmatique plus qu’un coup de foudre initial. Ironique, quand on connaît la carrière qu’il a ensuite bâtie.


Une passion déjà présente à Arsenal


Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le hockey ne s’est pas invité dans sa vie après sa retraite. L’idée germait déjà lorsqu’il évoluait chez les Arsenal FC.


Après quinze années au plus haut niveau, la routine commençait à peser. Le gardien cherchait à diversifier sa préparation. « À cette époque, j’étais gardien de but professionnel depuis 15 ans et je cherchais toujours à faire des choses différentes pour rompre la routine », explique-t-il.


Badminton, sports variés… puis hockey sur glace. « C’est un excellent entraînement : vos jambes travaillent à fond, cela demande beaucoup de coordination œil-main et de précision. Nous l’avons donc intégré au programme. »


Un détail qui en dit long sur son exigence. Pour Čech, le hockey n’était pas une distraction, mais un outil pour progresser. L’explosivité, les réflexes, l’anticipation : des qualités communes aux deux disciplines.


Ce n’est toutefois qu’après la saison 2018-2019, au moment de raccrocher officiellement les crampons, qu’il s’est lancé en compétition officielle sur la glace. Comme si la fin d’un chapitre ouvrait immédiatement un autre livre.


Du casque en mousse au casque renforcé


Il y a quelque chose de presque symbolique dans cette reconversion. Le public se souvient de son célèbre casque de protection en football, porté après sa grave blessure à la tête en 2006. Aujourd’hui, il en porte un autre, conçu pour arrêter des projectiles bien plus durs qu’un ballon.


Le décor change, l’intensité reste. Les tribunes sont plus modestes qu’à Stamford Bridge, mais l’adrénaline semble identique.


Et pour ceux qui s’interrogent sur sa motivation, ses mots dissipent les doutes. Le plaisir est intact, la compétition toujours présente, et le défi physique bien réel.


Un gardien qui ne s’arrête jamais


La glace ne suffit pas à occuper l’agenda de l’ancien international tchèque, recordman de sélections dans son pays. En parallèle, il a développé plusieurs projets dans le conseil et l’organisation d’événements sportifs.


Plus surprenant encore, il travaille sur un mémoire consacré à la durabilité de la Ligue des champions. Une réflexion stratégique qui montre que son esprit reste tourné vers le football européen, même s’il glisse désormais sur une autre surface.


Du rectangle vert à la patinoire, des finales européennes aux divisions inférieures du hockey londonien, Petr Čech n’a jamais vraiment quitté son rôle de gardien. Il a simplement changé de terrain.

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