Un Clasico de trop… ou pas encore ?
À Madrid, perdre un Clasico n’est jamais anodin. En perdre plusieurs, c’est ouvrir la porte aux rumeurs, aux soupirs présidentiels et aux débats sans fin dans les couloirs de Valdebebas. Après la défaite face au FC Barcelone en finale de la Supercoupe d’Espagne 2026, une question brûlait toutes les lèvres : Xabi Alonso est-il déjà en sursis ?
La réponse, contre toute attente, ne va pas dans le sens des tempêtes médiatiques. Malgré un nouveau revers face au rival historique, la direction madrilène a choisi une voie bien différente de celle que beaucoup imaginaient.
Un retour au Bernabéu sous haute tension
Revenu à la maison à l’été 2025 pour succéder à Carlo Ancelotti, Xabi Alonso savait exactement où il mettait les pieds. Ancien maître à jouer du Real, champion du monde avec l’Espagne et architecte d’un Bayer Leverkusen impressionnant, il cochait toutes les cases du successeur idéal… sur le papier.
Mais la réalité madrilène est rarement clémente. Dès ses premiers mois, le technicien basque s’est retrouvé propulsé dans un tourbillon de résultats irréguliers, de blessures en cascade et de comparaisons incessantes avec le passé glorieux du club.
Barcelone, encore et toujours au centre du problème
Certes, Alonso avait réussi un coup d’éclat en octobre 2025 en mettant fin à une série noire face au Barça. Une victoire symbolique, presque libératrice. Mais quelques mois plus tard, les vieux démons ont refait surface.
En Arabie saoudite, lors de la finale de la Supercoupe, le Real s’est incliné 3-2 face au Barça de Hansi Flick. Malgré un exploit individuel de Vinícius Jr, auteur d’un but venu d’ailleurs, les Merengues ont une nouvelle fois vu un trophée leur filer entre les doigts.
Bilan inquiétant : cinq défaites sur les six derniers Clasicos. Un chiffre qui ne passe jamais inaperçu au sommet du club.
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Florentino Pérez choisit la patience
Dans un club où l’impatience est souvent érigée en principe, la position de la direction surprend. Selon des informations venues d’Espagne, le poste de Xabi Alonso n’est pas menacé à court terme.
En interne, le discours est clair : pas de panique, pas d’ultimatum. Le contenu proposé lors de la Supercoupe, malgré la défaite, est perçu comme un point de départ plutôt qu’un verdict définitif.
L’idée n’est pas de chercher un coupable, mais des solutions.
L’argument qui pèse lourd : l’hécatombe physique
Si Xabi Alonso bénéficie encore de la confiance du club, ce n’est pas un hasard. À Valdebebas, un facteur revient avec insistance : l’état physique alarmant de l’effectif.
Match après match, le Real perd des joueurs. Ferland Mendy, Dean Huijsen et bien d’autres ont rejoint une liste déjà bien trop longue. Difficile, dans ces conditions, d’installer une continuité tactique ou une identité claire.
Le club reconnaît que le chantier prioritaire ne se situe pas sur le banc… mais à l’infirmerie.
Un virage médical et athlétique assumé
Le retour de Niko Mihic au sein du département médical symbolise une volonté forte : stopper l’hémorragie. Le staff est appelé à revoir ses méthodes, ajuster les charges de travail et redonner au groupe une base physique solide.
À Madrid, on estime que la saison est encore loin d’être perdue. Mais une condition est non négociable : retrouver un effectif capable d’enchaîner les matchs sans tomber comme des dominos.
Mercato d’hiver : une option mise de côté
Face aux difficultés, certains imaginaient déjà le Real s’activer en janvier. Là encore, la réalité est plus nuancée. Le club reste fidèle à sa philosophie : le mercato hivernal n’est pas une solution miracle.
Pas de chasse aux opportunités de dernière minute, pas de panique budgétaire. Quant aux jeunes du centre de formation, ils ne sont pas considérés comme des sauveurs immédiats, à l’exception de rares profils déjà intégrés au groupe professionnel.
Un calendrier qui ne laisse aucun répit
Le Real Madrid n’aura pas le luxe de souffler. Entre un déplacement en Coupe du Roi à Albacete, un match de Liga face à Levante et un rendez-vous européen contre Monaco, les prochaines semaines serviront de véritable test grandeur nature pour Xabi Alonso.
Pas pour sauver sa tête… mais pour confirmer qu’il est bien l’homme de la situation.
Et maintenant ?
À Madrid, tout peut basculer très vite. Mais pour l’instant, le message est limpide : le projet Alonso continue. La direction observe, analyse et ajuste, convaincue que les réponses viendront du terrain… à condition que le corps suive l’esprit.
Le Clasico a laissé des traces, mais il n’a pas encore écrit l’épilogue.
